vendredi 12 septembre 2008

** L'Eveil **

Si chaque être humain vivant sur cette planète pouvait ne serait-ce que 10 minutes dans sa vie, marcher dans la forêt amazonienne, le monde tournerait sans doute bien plus rond...

Si vous pouviez humer, voir, entendre et ressentir ce que j'ai humé, vu, entendu et ressenti hier, vous vous sentiriez comme moi purifiés, apaisés, connectés et éveillés.

Laissez-moi vous décrire cet endroit magique qu'est le site Aguas Calientes...

Pour arriver à Aguas Calientes, il faut environ 3/4 d'heure en moto-taxi, sur un chemin de terre complètement cabossé, plein de trous et de bosses qui nous font parfois décoller complètement de notre siège. Par endroits, il nous faut également descendre du moto-taxi et le pousser pour qu'il ne s'enlise pas.

Arrivés à l'entrée du site, nous traversons un petit pont en bois et entrons progressivement dans le coeur de la forêt.
Nos pieds carressent le sol recouvert d'immenses feuilles sèches, les chants des cigales et des oiseaux commencent à se faire entendre, l'oiseau "goutte-d'eau" nous honore de sa mélodie.
Nous croisons des colonies de fourmies, grosses comme une phallange, travaillant dûrement et sans s'arrêter à transporter feuilles, fleurs, graines d'un côté du chemin à l'autre.
Plus nous pénétrons dans la forêt, plus le paysage devient grand, vert, humide.

La forêt se densifie et je découvre des plantes incroyables. Une telle diversité, une telle grandeur. Il y a des fougères avec des troncs de 10 mètres de haut, des palmiers géants, des arbres dont les racines sortent du sol, montant à plusieurs mètres de hauteur, des nids de termites gros comme 4 têtes, et quelques fleurs, souvent cachées timidement derrière la verdure, mais d'une splendeur surréaliste.

D'infinies lianes brunes enlacent des troncs gigantesques dans un acte d'osmose puissante, au rythme envoûtant d'une symphonie sûblime de chants d'oiseaux, de frottements d'ailes de cigales et du son aquatique de la rivière qui coule au loin.

Par endroits, la jungle monte jusqu'à 300m de hauteur. Levez la tête et vous la verrez loin au-dessus de vous, ne laissant entrevoir qu'une ceinture de ciel bleu où passent de majestueux oiseaux noirs.

Nous sommes comme des petites fourmis cheminant dans les entrailles vivantes d'une nature puissante, vivante, vibrante.
Nous sommes de retour au coeur du ventre de notre maman, accompagnés par des hululements doux, et un climat parfait.

Je crois qu'ici, le temps s'est arrêté...








Après 20 minutes de marche, nous prenons un petit chemin qui nous fait mène hors de la forêt, jusqu'à une esplanade de terre d'où nous surmontons la rivière chaude. L'atmosphère est torride, le soleil tape fort et l'humidité est bouillante. Nous pouvons voir l'eau brûlante sortir de la terre rouge et ocre dans un cafouillis de bulles et de vapeur.

Nous remontons dans la forêt et marchons encore un peu. Je commence à avoir chaud et le bruit de l'eau au loin attise mon désir de me plonger dans l'eau.
Finalement, nous atteignons l'endroit unique où la rivière chaude et la rivière froide se rejoignent...
Lieu tranquille et apaisant où la nature nous offre, dans sa generosité millénaire, les conditions réunies pour une purification du corps et de l'âme.

Je me baigne dans l'eau froide, rafraîchissant ma tête et ma nuque fatigués par le voyage. Je me trempe de la tête aux pieds dans cette eau claire oú les pierres noires et le sable jaune pâle accueillent de mignons petits poissons.

Petit à petit je m'approche du point oú se réunissent l'eau chaude et l'eau froide. J'avance, entre les rochers, et je me laisse porter par le courant, allongée, détendue jusqu'à cet endroit où chaleur et froid se disputent l'espace, s'entremêlant au-dessus et en-dessous de moi.

Le courant passant sur les pierres crée un jaccousi naturel, me massant le dos et les épaules...

Tout autour, la forêt amazonienne luxuriante vibre, la mélodie naturelle continue de nous apaiser.
C'est un paradis terrestre...

Aujourd'hui je prends vraiment conscience qu'il est encore des endroits paradisiaques et sûblimes sur notre planète et qu'il est plus que temps de se mobiliser pour les préserver.
Je suis triste lorsque je pense à ces arbres que l'on coupe ou que l'on brûle pour établir des espaces agricoles qui permettent de nourrir la vie souvent superflue des nantis.

Je suis triste lorsque je vois couler la sève de la forêt pour le plaisir de quelques uns.

Cette nature parfaite et généreuse, capable de nourir nos âmes, de guérir nos corps, est comme une mère qui prend soin de nous et nous offre sans rien attendre tout ce dont nous avons besoin.

Nous devrions prendre plus grand soin de cette mère...

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Non ! Tout le monde ne peut pas, ne DOIT pas marcher dans la forêt amazonienne. Surtout en même temps. Un tel déplacement massif d'individus et leur regroupement sur ce territoire,fut-il immense, provoquerait, à n'en pas douter, un déséquilibre terrestre et le basculement de notre planète qui ne manquerait pas de faire patacul.
Bravo pour la description, surtout des senteurs.
Prends garde aux courant d'air.
Bises.
Yves

Anonyme a dit…

salut cristel
quel temps fait t il part chez toi ? ici il y a eu un orage incroyable comme il ne doit y avoir que dans la jungle ! je suis a Iquitos depuis peu apres moulte aventure le long de l Ucayali , je comprend mieux les mentalites , j ai discuter avec bcp de gens et il n y a que les touristes pour s agiter quand le bateau s echoue sur un banc de sables, en tous cas cela ma permis de passer une journee dans la communautee de Saman avec un enorme coeur dessiner a coter, j ai ecouter les lecons donner par le prof puis bcp d enfant sont venus me voir et je leur ai montres comment jongler et comment fabriquer le batons fleur .
Sinon a Iquitos c de nouveau une grande ville avec les contrastes que tu connait, je vais donc vous rejoindre demain , mais en avion ! c moins ecolo et plus chere mais 4 a 7 jours dans l Arencha pour remonter le rio me fais ouvertement tres peur et mon estomac ne le suporterais pas non plus .
Je m inpatiente de decouvrir agua caliente en esperant que le chemins soit praticable .
a bientot cristel et merci pour ton blog rodolphe

Anonyme a dit…

bonjour Christel
je trouve que tu vis une belle aventure , et que tu es trempée comme l'acier,mais je connais bien la foret amazonienne et je suis sure que moustiques serpents et jaguares ont du soucis a se faire
ceci dit j'attends avec impatience le récit d'autres aventures que tu vas vivre
amicalement
jean pierre le papa de caroline